Dans la collaboration scientifique, ce qui fatigue le plus n’est souvent pas la répartition des tâches, mais la transmission du contexte. A demande à B de modifier une synthèse de la littérature, et B ne retrouve pas l’article dont A parle ; C envoie un tableau de données dans le groupe, et trois jours plus tard D demande encore « où est ce tableau ? ». Ces frictions ne viennent pas de la paresse des personnes : l’information est dispersée entre les discussions, les e-mails et les espaces de stockage, sans un espace de travail commun. L’Atelier de recherche collaborative de MuchSci est justement conçu pour répondre à ce problème : il réunit « les personnes, les agents intelligents et les fichiers » dont a besoin un groupe de recherche dans un même espace, pour que chacun avance autour d’un contexte partagé.
Pour le comprendre, il faut distinguer « l’outil de discussion » du « conteneur de collaboration ». Le premier sert à transmettre des messages ; le second sert à maintenir le contexte complet d’un sujet de recherche. L’Atelier de recherche collaborative relève du second.
01 La véritable difficulté de la collaboration scientifique n’est pas la répartition des tâches, mais la transmission du contexte
Commençons par une comparaison des plus parlantes.
▲ Figure 1 | Une discussion de groupe ordinaire se disperse une fois terminée ; l’Atelier de recherche collaborative conserve les documents, les rôles et le processus.
Le problème de la communication ordinaire n’est pas qu’elle empêche d’envoyer des messages, mais que les messages et les fichiers s’enfoncent avec le temps. Le PDF envoyé il y a trois jours, la structure définie la semaine dernière, l’hypothèse discutée le mois dernier : il faut les retrouver manuellement pour les reconstituer.Le contexte de la collaboration scientifique s’accumule ; il ne repart pas de zéro à chaque tour. Si le conteneur lui-même ne peut pas porter cette accumulation, les membres de l’équipe n’ont d’autre choix que de répéter les explications encore et encore.
L’approche de l’Atelier de recherche collaborative consiste à donner à chaque sujet un espace indépendant. Cet espace comporte des membres fixes, des agents intelligents associés, des fichiers au niveau du projet et un historique. En l’ouvrant, on retrouve l’état dans lequel on l’avait laissé. Cela compte particulièrement pour les sujets qui s’étendent sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
02 Comment le groupe de projet réunit trois types d’objets
En ouvrant « Mes groupes de projet » de MuchSci, vous découvrez la structure de base d’un groupe de recherche.
▲ Figure 2 | À l’intérieur de l’Atelier de recherche collaborative : membres, agents intelligents et fichiers partagent un même espace
Le premier niveau, ce sont les membres. Le créateur du projet et les membres ordinaires sont clairement distingués dans la liste. Cette distinction n’est pas qu’un simple repère : elle détermine qui a le droit d’ajuster la structure du projet et qui peut quitter le groupe. Dans la collaboration scientifique, les rôles diffèrent par nature ; les rendre explicites permet de réduire les conflits de permissions ultérieurs.
Le deuxième niveau, ce sont les agents intelligents. Un groupe de projet peut associer plusieurs agents intelligents, par exemple pour la recherche d’articles, l’assistance bureautique ou la chémoinformatique. Une fois associés, les membres peuvent les invoquer en saisissant `@` dans la discussion. Les agents intelligents ne sont donc pas des outils extérieurs à la conversation, mais des membres permanents du groupe de projet.
Le troisième niveau, ce sont les fichiers. La base de connaissances, la documentation, les brouillons et les livrables restent attachés au projet et ne sont pas emportés par les nouveaux messages de discussion. Fichiers et conversations se trouvent dans le même conteneur : lors d’une discussion, on peut citer directement les documents, plutôt que de lancer un lien de fichier en demandant à chacun de le retrouver.
03 En quoi parler dans un groupe de projet diffère-t-il d’une discussion de groupe ?
La capture d’écran montre un groupe de projet nommé « Département industriel ». Sa carte indique les agents intelligents associés, et le bouton « Entrer dans l’Atelier de recherche collaborative » se trouve en bas.
▲ Figure 3 | Liste « Mes groupes de projet » : un groupe de projet associe plusieurs agents intelligents ; cliquez pour entrer dans l’espace de collaboration
Après être entré dans le groupe de projet, l’interface ressemble davantage à un espace de travail thématique. En haut figurent « Retour à Département industriel » et « Historique des discussions » ; à droite, trois onglets : membres, agents intelligents, fichiers ; en bas, le champ de saisie indique « Saisissez @ pour invoquer un agent intelligent associé au groupe de projet, par exemple : @Assistant bureautique aide-moi à générer un discours », avec à côté l’entrée « + Base de connaissances ».
▲ Figure 4 | À l’intérieur du groupe de projet : la liste des membres distingue le créateur des membres ordinaires ; la discussion permet d’invoquer directement les agents intelligents avec @
Le mécanisme de « @ » est ici essentiel. Dans une discussion ordinaire, mentionner une personne avec @ sert à l’appeler pour qu’elle vienne lire le message ; dans la discussion d’un groupe de projet, mentionner un agent intelligent avec @ revient à invoquer ses capacités. Le même champ de saisie permet à la fois d’envoyer un message aux membres et de confier une tâche à un agent intelligent. Cette conception fait de l’agent intelligent une partie du flux de collaboration, et non un plugin à ouvrir séparément.
04 Quand faut-il créer un groupe de projet ?
Toutes les collaborations n’ont pas besoin d’un groupe de projet. Mieux cerner les situations permet justement de mieux l’utiliser.
▲ Figure 5 | Seuls les sujets à longue durée, à fort contexte et nécessitant la participation d’agents intelligents justifient la création d’un groupe de projet
Pour une notification ponctuelle ou une discussion qui se règle en quelques minutes, la communication ordinaire suffit. En revanche, pour un sujet qui dure plusieurs semaines ou plusieurs mois, qui exige de revenir sans cesse sur les documents, de modifier des fichiers à plusieurs et de faire participer des agents intelligents à la recherche ou à la rédaction, l’avantage du conteneur de l’Atelier de recherche collaborative est évident. Il ne vise pas à remplacer la discussion, mais à offrir une base de contexte stable aux collaborations de longue durée.
▲ Figure 6 | De la création du groupe de projet à l’itération jusqu’au manuscrit, le contexte reste toujours dans l’espace du projet
Dans la pratique, le processus est à peu près le suivant : créer un groupe de projet, y déposer les fichiers, invoquer les agents intelligents dans la discussion, itérer autour d’un contexte partagé, puis livrer le résultat final. Ce qui est précieux, c’est que la traçabilité de l’ensemble du processus ne relève pas d’un enregistrement supplémentaire : elle est inhérente au conteneur.
05 Limites
Comme d’habitude, mettons les limites clairement sur la table.
① Cet article porte sur la position fonctionnelle et le mécanisme ; il ne constitue pas une promesse de résultat. Le groupe de projet permet de centraliser le contexte, mais ne garantit pas que la collaboration sera nécessairement efficace ; le résultat réel dépend encore des habitudes d’utilisation des membres, de la clarté des tâches, de la manière d’organiser les fichiers, etc.
② La répartition des permissions entre le créateur du projet et les membres ordinaires doit être comprise explicitement. La fonction distingue les rôles, mais le jugement académique, l’organisation des tâches et l’attribution de la propriété intellectuelle au sein du sujet restent à convenir par l’équipe elle-même.
③ Les fichiers et contenus de discussion partagés au sein du groupe de projet doivent respecter les règles de gestion des données de recherche et de confidentialité de l’établissement concerné. En cas de données non publiées, d’informations sensibles ou d’accords de confidentialité avec des partenaires, les règles en vigueur de l’établissement prévalent.