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Trouver des profils interdisciplinaires : comment trouver une personne qui maîtrise à la fois A et B

Certaines demandes, dès qu’elles sont formulées, montrent qu’elles seront difficiles à traiter : « il faut trouver quelqu’un qui connaît à la fois les matériaux et la clinique », « un médecin qui a fait du machine learning et qui connaît aussi la clinique », « existe-t-il des personnes ayant une for

interdisciplinaireprofil de talentsources publiques

Certaines demandes, dès qu’on les formule, on sait qu’elles seront difficiles à traiter : « trouver quelqu’un qui connaisse à la fois les matériaux et la clinique », « un médecin qui ait fait de l’apprentissage automatique et connaisse aussi la clinique », « y a-t-il des personnes avec un profil en sciences sociales ayant travaillé sur ce sujet ? ». Ce type de demande présente deux difficultés : d’une part, on ne sait pas bien dans quelle unité ou quelle discipline ces personnes se trouvent habituellement ; d’autre part, même si l’on en pense à une ou deux, on n’est pas sûr qu’il n’y en ait pas d’autres.

Pour trouver des personnes, changer d’approche simplifie beaucoup les choses : ne pas commencer par « qui conviendrait », mais d’abord délimiter « quels domaines sont susceptibles de compter des profils pertinents ». Le portrait de talents de MuchSci soutient précisément cette démarche : il présente les parcours et les réalisations publiquement consultables sous forme de champs structurés, faisant passer la question du « croisement ou non » de l’intuition à un élément vérifiable. Cet article explique comment suivre cette démarche.

01 Décomposer un domaine en deux moitiés

Commençons par le processus.

▲ Figure 1 | La troisième étape est décisive : les profils interdisciplinaires laissent souvent des traces dans les listes des deux domaines

La première étape consiste à décomposer le domaine. « Connaître à la fois A et B » n’est pas une description directement interrogeable : cela décrit une caractéristique combinée d’une personne, et non un critère de recherche unique. En la décomposant en deux domaines indépendants, chacun devient une description de domaine de recherche exploitable.

La deuxième étape consiste à chercher des candidats de part et d’autre : établir une liste pour chacun des deux domaines, sans exiger de tout trouver en une fois. Il faut abaisser les attentes à cette étape : il ne s’agit pas de trouver dix personnes, mais d’identifier les populations actives dans les deux domaines.

La troisième étape consiste à croiser les résultats : c’est l’étape la plus importante de cette démarche. Les chercheurs interdisciplinaires laissent généralement des traces dans les deux domaines : leurs articles relèvent de l’un des domaines et leurs projets de l’autre. Les personnes qui apparaissent dans les deux listes méritent d’être vérifiées en priorité.

La quatrième étape consiste à compléter avec des experts isolés : repérer les personnes qui n’apparaissent que dans la liste d’un seul domaine, mais dont le dossier présente des signes manifestes de croisement — par exemple une formation dans le domaine A et une unité d’affiliation relevant d’une institution du domaine B. La cinquième étape consiste à vérifier le rattachement, à confirmer si le domaine de recherche et les projets en cours correspondent vraiment, afin d’éviter les cas « qui semblent interdisciplinaires sans l’être ».

02 Chercher de mémoire, ou croiser par domaines

Les deux approches permettent d’arriver à des personnes ; la différence tient à la couverture et à la capacité d’explication.

▲ Figure 2 | Pour un même objectif, la différence entre les deux méthodes tient au fait de commencer par « à qui pense-t-on » ou par « délimiter d’abord le périmètre »

La recherche de mémoire part de « penser d’abord à une personne précise » ; sa couverture est limitée par les personnes que l’on connaît. Pour recommander quelqu’un à petite échelle en interne, cette méthode est très efficace ; mais pour trouver un ensemble de personnes entre institutions et disciplines, elle laisse souvent échapper plus de profils qu’elle n’en trouve : les personnes que l’on ne connaît pas sont directement omises.

Le croisement par domaines part de « délimiter d’abord le périmètre des deux domaines » ; la couverture est déterminée par les domaines, sans être limitée par le réseau de relations. En passant en revue les deux domaines, les omissions diminuent nettement. L’avantage plus concret est la capacité d’explication : on peut dire à quels domaines cette personne se rattache, plutôt que « je pense qu’il ou elle devrait convenir ».

Les deux méthodes ne sont en réalité pas incompatibles. L’approche pragmatique consiste à délimiter d’abord un ensemble de candidats par croisement de domaines, puis à en compléter quelques-uns de mémoire, en utilisant à la fois la couverture et le réseau.

03 Pour un appariement interdisciplinaire, il faut trouver des relations entre les champs

Pour un appariement dans un seul domaine, un seul champ suffit ; pour l’interdisciplinarité, il faut établir des liens entre plusieurs champs.

▲ Figure 3 | Les indices permettant de juger de l’interdisciplinarité se trouvent généralement dans les « parcours » et les « réalisations », plutôt que dans la rubrique « domaine de recherche »

Le champ de domaine constitue le premier niveau : selon quelle nomenclature le domaine de recherche est-il décrit, et les nomenclatures des deux domaines peuvent-elles correspondre ? Ce niveau détermine le périmètre de la présélection.

Le champ de parcours constitue le deuxième niveau, et le véritable point d’ancrage du jugement interdisciplinaire. La spécialité de la formation, la nature de l’unité d’affiliation, voire les trajectoires de mobilité entre unités, peuvent tous laisser dans le dossier des traces d’un « contact avec un autre domaine ». Chez beaucoup de personnes, le domaine de recherche n’indique qu’un seul domaine, mais le parcours permet de voir qu’elles ont franchi une frontière.

Le champ des réalisations constitue le troisième niveau : les projets dirigés et les contributions académiques traversent-ils les deux domaines ? C’est le niveau le plus solide : les intitulés de projets et les contributions académiques sont des enregistrements concrets, qui expliquent mieux la situation que la formulation du domaine de recherche.

C’est en superposant ces niveaux que l’on peut juger avec une relative assurance si « cette personne connaît à la fois A et B ». C’est aussi pourquoi MuchSci stocke le domaine de recherche, la formation et le parcours professionnel dans trois tables distinctes : les indices interdisciplinaires ne proviennent jamais d’une seule rubrique, ils se trouvent dans l’écart entre les rubriques.

04 Interface : domaines et parcours sont affichés clairement

Les champs sur lesquels repose ce jugement sont présentés séparément dans le dossier.


▲ Figure 4 | Le domaine de recherche et la formation sont présentés séparément, les traces de croisement de domaines sont immédiatement visibles

Dans les informations de base, la rubrique « domaine de recherche » figure séparément, tandis que la formation constitue une table indépendante : établissements, spécialités et résultats y sont classés chronologiquement. En les observant ensemble, on peut repérer des signaux du type « domaine de recherche A, spécialité de formation B ».

La partie consacrée au parcours professionnel est particulièrement utile pour la recherche de profils interdisciplinaires :


▲ Figure 5 | Le parcours professionnel permet de voir l’évolution des unités et des fonctions ; la mobilité entre unités est un signal observable

Les changements de nature d’unité et les passages d’un type de fonction à un autre suggèrent souvent une migration ou un croisement de domaines de recherche. Ces informations sont généralement lissées dans une « biographie en un paragraphe », mais une fois réparties en tableaux par date et par unité, elles deviennent des éléments comparables ligne par ligne.

05 Limites

① Cet article présente une méthode de recherche de personnes et les champs disponibles ; il ne constitue pas une promesse de résultat. La possibilité de trouver les bonnes personnes dépend de la disponibilité et de la couverture des informations publiques ; les profils interdisciplinaires relèvent souvent de groupes de niche, et le degré de complétude des informations publiques est inégal.

② La concordance des champs ne signifie pas que la personne convient. Les dossiers organisent des informations publiques et ne constituent ni une évaluation des compétences, ni une recommandation, ni une caution pour quiconque ; l’alignement entre le domaine de recherche et le parcours n’est qu’un indice de sélection, et le jugement final doit être vérifié par l’utilisateur, qui en assume la responsabilité.

③ Seules des informations publiques sont utilisées. Aucune donnée personnelle privée n’est concernée ; pour les usages officiels tels que l’évaluation ou le recrutement, les règles et procédures en vigueur de l’organisme concerné prévalent.

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