Retour au blog

Profil de talent : vérifier d’abord, puis intégrer

Pour trouver quelqu’un, le plus compliqué n’est jamais de ne rien trouver, mais de ne pas oser utiliser ce que l’on a trouvé. On saisit un nom et l’on obtient une dizaine de résultats, avec beaucoup d’homonymes ; on ouvre un CV qui semble crédible, mais impossible de savoir où se trouve cette « univ

Profil de talentDonnées publiquesRédaction scientifiqueRecherche

Chercher une personne, le plus difficile n’est jamais de ne pas trouver, mais de ne pas oser utiliser ce qu’on a trouvé. On saisit un nom, on obtient une dizaine de résultats, avec beaucoup d’homonymes ; on ouvre un profil, il est bien rédigé, mais on ne sait jamais très bien à quel établissement correspond cette « université X » et si ce poste appartient bien à la même personne. Au final, on stocke souvent une pile de liens sans en avoir inscrit un seul dans un document officiel.

MuchSci Le nouveau profil de talent ajouté suit une autre voie : fixer d’abord les seuils, puis laisser entrer les données. Cet article ne discute pas de son utilité, il décortique seulement une chose plus intéressante — pourquoi ose-t-il considérer les éléments organisés comme des dossiers utilisables.

01 Avant d’entrer, franchir trois portes

Examinons d’abord la conception la plus centrale de cette fonction : le seuil d’admission.

▲ Figure 1|On ne collecte pas tout ce qui est trouvé — la conception la plus importante de cette fonction tient entièrement au « seuil d’entrée ».

La première porte est le périmètre des sources. Il ne recense que les enregistrements liés à des projets nationaux. Ce choix tranché est déterminant : en resserrant le périmètre, le volume à vérifier diminue et la fiabilité des sources s’élève globalement.MuchSci l’a inscrit en tête du dossier, de sorte que l’utilisateur voit d’un coup d’œil dans quel périmètre ce qu’il obtient a été organisé.

La deuxième porte est la correspondance à trois volets. La condition d’admission est formulée de manière très stricte : si et seulement si le nom, l’établissement et le parcours correspondent précisément, point par point, aux informations publiques, l’enregistrement est retenu. Notez qu’il s’agit de« si et seulement si » — il ne suffit pas que le nom corresponde, il faut aussi que l’établissement et le parcours correspondent ensemble.

La troisième porte est l’isolement des cas douteux. Lorsqu’un même projet porte des noms différents selon les sources, ou lorsque les informations ne concordent pas, il est marqué « à vérifier » et n’est pas compté comme expert.

Ces trois portes, mises bout à bout, répondent à la même question : pourquoi cet enregistrement mérite-t-il d’être cru. Et la réponse n’est pas « parce que je l’ai trouvé », mais « parce qu’il résiste à une vérification point par point ».

02 Un dossier est composé de quatre catégories de champs

Les enregistrements qui franchissent le seuil sont répartis dans quatre catégories de champs.

▲ Figure 2|De « qui est cette personne » à « qu’a-t-elle fait », chaque catégorie répond à une question

La section informations de base répond à « qui est-ce » : une présentation en une phrase, le sexe, la date de naissance, le lieu d’origine, le poste actuel et le domaine de recherche. La formation répondà « où a-t-elle étudié », sous forme de tableau chronologique indiquant l’établissement, la spécialité et le résultat. Le parcours professionnel répondà « où a-t-elle fait quoi », également sous forme de tableau, avec pour colonnes la période, l’établissement et la fonction. Les principales réalisations scientifiques répondentà « qu’a-t-elle produit », en deux parties : contributions académiques et projets dirigés, les projets liés à de grands travaux nationaux étant signalés spécialement.

Les trois dernières catégories utilisent des tableaux plutôt que des paragraphes ; ce n’est pas une préférence de mise en page. Chaque ligne du tableau est une unité de vérification indépendante — si une ligne paraît suspecte, on vérifie cette ligne séparément, sans relire tout le paragraphe. La vraie valeur de la structuration est de décomposer le jugement global et vague « faire confiance ou non à cette personne » en une série de petites questions vérifiables une par une.

03 Après structuration, où est la différence

En comparant les deux approches côte à côte, la différence apparaît beaucoup plus clairement.

▲ Figure 3|La différence ne tient pas au nombre de mots, mais à la possibilité de vérifier point par point et de réutiliser à plusieurs reprises

Une présentation en un seul bloc se lit plus facilement, mais elle a trois faiblesses incontournables : la vérification ne peut se faire que globalement, et dès qu’un doute surgit sur une année, il faut tout relire ; la source se perd facilement, et après un certain temps, on ne sait plus d’où viennent ces informations ; il faut la réécrire pour chaque contexte, les documents destinés à inviter quelqu’un à une conférence et ceux destinés à une demande de projet devant souvent être rédigés séparément.

Le dossier structuré apporte une solution à chacune de ces trois limites : chaque élément est disposé en colonne, les lignes suspectes peuvent être revérifiées séparément ; chaque dossier porte un identifiant de source de données, la provenance n’est pas perdue ; un même dossier peut être réutilisé dans différents contextes, sans avoir à le recréer.

Il faut ici préciser un point avec une attention particulière : structurer n’est pas évaluer. Le dossier organise des informations publiques ; il consigne « où cette personne a étudié, où elle a occupé des fonctions, ce qu’elle a dirigé », et non « à quel point cette personne est brillante ». Le premier relève de faits vérifiables, le second d’un jugement qui doit être porté par un humain.

04 Interface de la fonction : à quoi ressemble un dossier

L’interface se trouve sous l’onglet « Profil de talent » de l’assistant intelligent.


▲ Figure 4|Informations de base et formation : une brève présentation et une chronologie, l’identifiant du dossier et la source des données figurant tout en haut

La ligne tout en haut constitue la déclaration publique de ce mécanisme : identifiant du dossier, source des données, ainsi que la phrase sur le périmètre de collecte — seuls les projets nationaux sont recensés, et le nom, l’établissement et le parcours doivent correspondre précisément aux informations publiques ; ceux qui ne remplissent pas ces conditions sont marqués « à vérifier » et ne sont pas comptés comme experts. Inscrire directement les critères de décision en tête du dossier signifie que l’utilisateur peut à tout moment comprendre comment ce dossier a été constitué.

En descendant, on trouve le parcours professionnel et les réalisations scientifiques, également présentés sous forme de tableaux :


▲ Figure 5|Le parcours professionnel indique chronologiquement l’établissement et la fonction ; les réalisations scientifiques se répartissent en contributions académiques et projets dirigés

Il faut remarquer sa retenue. L’interface ne comporte ni note, ni classement, ni indicateur de type « degré de correspondance » — uniquement des champs tels que la période, l’établissement, la fonction, la spécialité et le résultat, qui peuvent être vérifiés par des sources externes. Ce choix de conception est en soi une prise de position : seuls les éléments vérifiables sont consignés, le jugement reste à l’humain.

05 Limites

① Cet article porte sur le mécanisme de la fonction et ne constitue pas une promesse de résultat.Le degré de complétude du dossier dépend de la disponibilité des informations publiques ; le périmètre de collecte étant limité, cela ne signifie pas qu’un profil complet peut être fourni pour tous les chercheurs.

② Structurer n’est pas évaluer. Le dossier est une organisation et une présentation d’informations publiques ; il ne constitue ni une évaluation des capacités, ni une recommandation, ni un cautionnement de quiconque ; les jugements concernant une personne précise doivent être vérifiés par l’utilisateur, qui en assume la responsabilité.

③ Seules des informations publiques sont utilisées. Aucune donnée personnelle privée n’est concernée ; en cas d’usage formel pour une évaluation, un recrutement, une diligence raisonnable ou autre, les règles et procédures en vigueur de l’organisme concerné prévalent.

Retour aux articles